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Depuis ces origines jusqu'à nos jours, voici quelques épisodes et
anecdotes sur notre village.
La
Celle (Prieuré) des Bonshommes :
Nous adressons nos remerciements à monsieur Michel FOUGERAT pour son travail de
recherches sur l'ordre de Grandmont ( http://perso.orange.fr/grandmont/index.html
) et son aimable autorisation de Copier-Coller.
Vestiges :
Seuls, le mur Nord de l'église, le passage des morts, la façade Ouest de
la salle capitulaire ont survécu à l'incendie du 12 août 1944 mis par
les troupes allemandes en représailles contre les exploitants de la
ferme, supposés avoir aidé les maquisards.
Cet ensemble a néanmoins survécu grâce à la curieuse conformation du
voûtement en quart de cercle du passage des morts, et aux arcatures des
fenêtres coté cloître de la salle capitulaire. A noter que le voûtement
en quart de cercle du passage des morts est tout à fait exceptionnel dans
l'architecture grandmontaine. Cette disposition semble faire office
d'arc-boutant au mur Nord de l'église. La largeur de ce passage est de
2,20m.
La salle capitulaire a été voûtée comme le prouve des arrachements sur
les murs intérieurs. Elle s'ouvrait coté cloître par une porte encadrée
de deux baies jumelées, séparées chacune par deux courtes colonnes.
Cette salle a été habitée jusqu'en août 1944.
Un escalier de bois a existé à l'intérieur, contre le passage du cimetière,
pour accéder à l'étage.
Le reste de la celle de Mathons n'a malheureusement pas survécu; il ne
reste que la base des murs des bâtiments Est et Sud, et le mur Sud de l'église
sur environ 1 m de hauteur.
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| Vestiges du prieuré des Bonshommes (Mathons) |
Histoire :
La celle de Mathons fut fondée en 1168 par Geoffroy III, sire de
Joinville et sénéchal de Champagne.
Dès 1181, la chapelle de Mathons possédait des reliques des compagnes de
Sainte Ursule, laissées sans doute par des moines de Grandmont à leur
retour de Cologne.
C'est vraisemblablement à cette époque que fut institué à Mathons le pèlerinage
à St Fiacre et aux compagnes de Ste Ursule. Pourtant certains historiens
ne feraient remonter ce pèlerinage qu'au XVème siècle en se basant sur
le fait que l'évêque de Metz, Henri de LORRAINE, obtint du pape
Alexandre VI (Borgia élu en 1492 et mort en 1503), des indulgences pour
ce sanctuaire qui était le siège d'un pèlerinage très fréquenté...
En 1201, Godefroy de JOINVILLE fit don aux religieux de Mathons de deux
familles de serfs à Nomecourt; son frère, Simon de JOINVILLE, en donna
d'autres en 1206.
En 1209, Aubry de BRACHEY, vassal de Godefroy, leur donna à Brachey, une
maison, des prés, des bois et même des serfs...
En 1255, Gauthier de VIGNORY leur donna une rente sur un péage à
Vignory.
En février 1269, Renier, chevalier de Curel, leur constitua une rente sur
sa grange d'Ancigne.
Et ainsi de suite, de nombreux dons étant accordés aux religieux de
Mathons durant tout le XIIIème siècle.
En 1295, compta cinq clercs et en 1317 elle fut unie à Macheret. Devenu
maison annexe, elle eut beaucoup à souffrir des Guerres de Religion au
XVIème siècle. La plupart des dons qu'elle avait reçus furent spoliés
par des aventuriers qui profitaient de l'insécurité et de l'éloignement
de ceux qui géraient les biens.
Nous savons qu'en 1627, un prêtre percevait 75 livres pour assurer le
service divin à Mathons, mais le procès-verbal d'une visite à Mathons
laisse planer un doute quant à la réalité du service:
"Tout y est en ruine; le dortoir sert de poulailler, la salle du
chapitre est pleine de futaille; dans la chapelle, il y a trois autels,
qui sont dédiés à Ste Ursule, St Antoine et St Eutrope. Il a quatre
stalles en chêne bien sculptées; la maison n'est desservie que par un
seul prêtre, qui a 75 livres de rente par an. En ce moment les ornements
d'église consistent en une vieille chasuble de futaine grise, une chape
en camelot rouge, une courtine en serge rouge, deux aubes, quatre nappes,
un vieux missel; le trésor ne comptant qu'un vaisseau pour les hosties,
émaillé et doré, en forme de colombe."
En 1644, l'église fut érigée en église paroissiale pour le village de
Mathons. Puis, un autre procès-verbal du 28 août 1719, nous redonne la
situation dans laquelle se trouvait alors la maison.
Ce procès-verbal comprend 95 feuillets manuscrits, et fut dressé par
Pierre PERNY, :
"architèque et expers juré royal ès juridiction de la ville de
Chaumont",
assisté de Claude GAUCHER,:"maistre charpentier en laditte ville
"
et de Prudent JOBARD,: "masson à Ville-sur-Terre".
"Sur ordonnance de Mr de Jouvoncourt, lieutenant au baillage et siège
présidial de Chaumont du 24 août 1719, rendu à l'arrêt du Parlement de
Paris du 28 juin, à la poursuite et diligence de Maistre Jean Baptiste
Collot, aumônier de l'abbaye de Maizières et de deux annexes appelées
Bonshommes de l'Isle et de Mathons."
" Premièrement ledit prieuré consiste en une chapelle, d'une
longueur de dix toises à l'extérieur, non compris l'ancien parvis, qui
en a trois. La chapelle est accompagnée de trois corps de bâtiments, qui
forment avec icelle un carré, où anciennement était en dedant un petit
cloître, dont il ne reste que l'un des côtés joignant le bâtiment de
l'occident, et quelques vestiges côté de l'orient. Dans l'enceinte de la
basse-cour il y a une petite et une grande grange, et deux portes cochères
opposées l'une à l'autre, avec des anciens murs qui forment ladite
cour."
"Chapelle: Il convient de faire à neuf le pavé de pierre de taille
de la nef de ladite chapelle, en plusieurs endroits du choeur et du
sanctuaire le tout faisant 15 toises carrées, réparation venant de la vétusté,ledit
pavé ayant plus de cent ans."
" Les murs de ladite chapelle conviennent à réparer, et penchant de
part et d'autre... ce qui provient de la poussée de la voûte, faite en
berceau. On a bien mis des liernes de bois, mais elles ne sont pas
suffisantes. Il conviendra d'y attacher des ancres de fer à quatre
branches de six pieds de long. A la charpente au-dessus de ladite chapelle
il faut rétablir les deux galandages, qui sont composés de petites croix
St André... Pour rétablir la couverture il faudra deux milliers de
tuiles creuse,avec des clous et lattis nécessaires..."
"Bâtiments: Un corps de bâtiment du côté de la basse-cour à
l'occident, où se trouve une entrée dudit prieuré,lequel corps de bâtiment
à quatorze toises de long, du côté de laditte cour, dans lequel il y a
une chambre basse, une cave servant d'écurie à présent, et trois
chambres au-dessus. La cheminée de la chambre basse a son manteau cassé
depuis environ soixante ans... Il conviendra de réparer les piliers et
arcades du cloître, qui soutiennent la galerie qui conduit aux chambres
hautes, refaire à neuf cinq petites colonnes de cinq pieds de long, y
compris leurs bases et chapiteaux, conformément à celles encore
existantes, remettre plusieurs pierres de taille à l'appuis, qui
soutiennent les dittes colonnes."
"Réparer l'escalier à noyaux qui conduit sur laditte galerie, et
aux dites chambres hautes. Grenier au-dessus des trois chambres, à
refaire entièrement. Bâtiment du côté du septentrion qui est d'une
longueur de 17 toises, où était autrefois, une grande cuisine, chambre
au four, à présent étable. Bâtiment à l'orient, lequel a de face 13
toises 1/2, où était autrefois le chapitre, qui est voûté en berceau,
bergerie attenante. Enfin petite et grande grange."
Des travaux de réfection durent être entrepris par la suite, car la
chapelle servit encore longtemps; de même les bâtiments conventuels
furent habités par les exploitants agricoles jusqu'en août 1944...car la
guerre passa par là.
En effet fin juillet 1944 le maquis s'installa dans la forêt de Mathons,
au châlet des Gaudes sous le commandement de Georges Debert. Ce groupe
comprenait une trentaine d'hommes plus sept aviateurs canadiens formant l'équipage
d'un bombardier abattu par les allemands. Il disposait de deux tractions réquisitionnées,
d'armes de récupération et de deux mitrailleuses d'avion. La base de
ravitaillement était la ferme des Bonshommes tenue par la famille
Douillot.
Le 10 août, vers 4 heures du matin, les Allemands au nombre de 1.200 à
1.500 hommes attaquèrent le maquis. Celui-ci se scinda en deux groupes.
Le premier était commandé par Georges Debert et parvint a s'échapper
vers le Sud. Le deuxième groupe sous le commandement d'un garde-forestier
Gabriel Sanrey, essuya une fusillade nourrie à la lisière nord du bois
et se replia. Il se scinda en deux groupes. Le premier comprenant Gabriel
Sanrey (23 ans), Maurice Launois (26 ans), René Jakubas (18 ans) et Serge
Dervaire (17 ans) ainsi que les sept canadiens se font passer auprès des
Allemands pour des bûcherons, Gabriel Sanrey étant en tenue de
garde-forestier. Les Allemands semblent accepter puis les martyrisent et
les assassinent, quant aux Canadiens, ils sont fait prisonniers. Le second
groupe comprenant onze hommes échappe, providentiellement, aux recherches
des Allemands, en restant groupé bien camouflés sous des feuillages
autour d'un gros chêne.
Quant aux époux Drouillot, ils sont interrogés, menacés, leur
ferme-prieuré, est pillée et incendiée sous leurs yeux. Ils sont incarcérés
pendant huit jours à Chaumont.
Le lendemain 11 août les Allemands reviennent aux Bonshommes, et là ils
tirent sur les personnes présentes. Le fils des époux Douillot, Bernard
âgé de 11 ans est tué par une rafale alors qu'il s'enfuyait. Ses
parents ne connaîtront son décès qu'en sortant de prison!
Après la guerre, sous prétexte de sécurité, les autorités voulurent
faire sauter à la dynamite les derniers vestiges. Mais les propriétaires
de l'époque, craignant pour la solidité des bâtiments restants,
obtinrent un sursis à ce projet... Que grâce leur en soit rendue !
Chaque année, le dimanche
proche du 10 Août (ou le 15), une messe est célébrée face à la stèle
commémorative en pleine forêt de Mathons. Cette année c'est le dimanche
12 août que de nombreux paroissiens étaient venus rendre hommage.
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L'assemblée réunie |
Lecture d'un poème de résistant |
| dans la fraîcheur de la forêt |
par Axel |
Ces oeuvres (la croix et le châsse) est représentative
de l'école d'orfévrerie de Grandmont (issu des principes de vie de Saint
Etienne) qui s'ajoute au capacité et spécificité de batisseurs de
l'Ordre. En effet, sans doute grâce à la générosité des rois
d'Angleterre principalement, Grandmont put entretenir une école d'orfèvrerie.
C'est l'ordre de Grandmont qui diffusa les émaux limousins en France. De
nombreuses dépendances grandmontaines possédaient des croix ou des
reliquaires émaillés. Cette école fut enfin reconnue, et admirée, dès
le milieu du XIXe siècle, une centaine d'années trop tard
malheureusement, car la Révolution avait envoyé à la fonte les plus
beaux exemplaires de cette école. C'est donc des vestiges qu'il nous esreste,
dont la collection réunie par Edmond du Sommerard, qui se trouve
actuellement au Musée du Moyen-âge (Cluny) à Paris.
La croix est crucifix en émaux sur cuivre, de
trente cinq centimètres de haut et vingt-cinq de large qui se compose de
la croix principale complétée de quatre éléments à chaque extrémité
(dont trois ont été répertoriés). Sur ceux à la gauche et à la
droite du christ sont représentés des animaux divins (un lion et un
boeuf ailés tenant quelques choses dans leurs pattes probablement les
saintes écritures). L'élément inférieur représente un saint tenant
sur la poitrine une tablette. L'élément supérieur serait décoré également
d'une représentation d'un personnage. Cet oeuvre se trouve au musée du
moyen-age de Cluny(Paris).
Sources : A propos d'un lion champleve limousin: La
survivance d'un thème sassanide Genevieve Souchal Gesta, Vol. 15, No. 1/2,
Essays in Honor of Sumner McKnight Crosby (1976), pp. 285-292 doi:10.2307/766778
La croix de Mathons est attribuée au Maître de l'autel de Grandmont (dont
dépend le prieuré des Bonshommes (sur la commune de Mathons). Plusieurs
symboles des évangélistes sont présents notament sur les potences de la
croix qui disposent de palmettes dorées, ourlée d'une zone émaillée en dégradée.
Cette particularité se recontre sur l'épaule et la cuisse du lion et du
boeuf (potences latérales de l'oeuvre) mais aussi sur l'aigle de saint Jean
(présence sur une potence probablement du sommet (jadis propriété de
Martin Le Roy)). La potence du pied (inférieure) n'a pas de reconnaissance,
nous pouvons y observer un saint (probablement un évangéliste si nous nous
référons aux symboles couramment utilisés par l'ordre) debout sur un arc
de couleur, tenant une tablette et montrant sa main droite en forme de bénédiction.
Plusieurs exemples de croix émaillées (un peu différentes sont visibles
notament dans les collections du Limousin (origine de l'ordre)
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| Libre interprétation de la Croix de
Mathons |
| Original en émaux à
champlevé visible au musée du moyen-âge de Cluny (Paris) |
La châsse est un reliquaire en émaux à
champlevés de très belles présentations qui compose le trésor de la
cathédrale de Troyes (Aube-France).

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